Vendredi 6 août 2010 5 06 /08 /Août /2010 14:18

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Un disque c'est rassurant , c'est plat, c'est rond, c'est tiède. Vendredi dans le jardin de la Villa, je fonce vers le stand de disques tenu par un mec qui, un temps, officiait dans un shop obscur à Avignon.
Je réserve un Arthur Russell, le producteur plus connu pour sa disco "solaire" que pour "Les disques du crépuscule" .
Le premier jour du Midi-festival, a pour habitude- c'est un rituel- un système, même! d'acceuillir un de ces New-Yorkais qui détient à lui seul l'histoire de la pop music entre ses doigts de guitariste. L'année dernière, Arto Lindsay, nous donnait du bon temps, en jouant au rythme des cigales, un rock déviant chargé de No Wave , de Bossa Nova, de Free Jazz ou de pop minimale. Mais attention, rien d'hermétique à tout cela ! sur scène, it's only rock'n roll! Tout le monde n'avait pas compris...
Le 23 juillet 2010, Lee Ranaldo, à la demande des organisateurs, nous convie à un set acoustique (sic), équipé de 3 guitares classiques et 2 valises d'effets. Il crée le miracle en jouant le plus subtil de Sonic Youth, et même si la chaleur, à moins que ce ne soit une force étrange, désarcorde le manche des instruments, la foule, composée à 80% d'une jeunesse dorée et croustillante, est animée par le même mouvement unidirectionnel de satisfaction.
Ce serait accorder  beaucoup trop d'importance au hasard si, pour finir le concert, Lee Ranaldo n'avait voulu totalement nous combler en interprétant le meilleur morceau de Murray Street;  "Karen revisited". Quand arrive dans le refrain, sans prévenir "...miscommunication...", c'est tout mon amour pour ces mélodies difficiles et limpides à la fois qui éclate, pendant que jaillit le larsen final....
La brise circulait enfin librement autour de moi, le soir venait de tomber, les cordes retrouvaient leur tension et les familles, le chemin des campings.
Mais voilà, si on voulait encore entendre le son de guitare et la voix de Lee, il fallait flinguer les groupes suivants. Et les Vivian Girls ne méritaient pas ça. Les cheveux au vent, elles jouèrent un surf punk comme des sirènes, et mieux que les Ramones! ... au moins , leurs  mélodies je ne les connaissaient pas.
On a eu aussi Fergus & Geronimo, ils ont passé les 3 jours à la Villa. Je les ais vu les Texans, se fondre dans la foule d'adolescentes, l'air de dire:  " l'amour? ...moi et ma bande, on est pas intéréssé par ça, non  vraiment,  pas branché la dessus...". N'empêche qu'ils ne voulaient plus en partir du festival, Merde! retourner au Texas, aprés avoir vécu ça!!
Moi je me suis regalée de leur reprise du "Silly Girl" des TV-Personalities.
Le samedi soir, il fallait pas sortir. Dans le sud, c'est comme à Paris, le samedi soir, la musique est meilleure chez soi.
Dimanche, je visite pour la 3eme fois la Villa moderniste conçu par Mallet-Stevens, là où il faisait bon être invité dans les années 20.
Ce 25 juillet 2010,  The Strange Boys montent sur scène, Ils viennent du Texas, n'ont jamais joué, si ce n'est en France, tout au moins dans un cadre aussi somptueux et déclenchent le coup de tonnerre tant attendu. Dés les premiers morceaux, le public devient hystérique et les corps commencent à voler. Du Rock'n Roll! comme en 60, les mecs! A part qu'on est en 2010. Ca fait longtemps qu'on a découvert l'électricité! Et que le "garage" est cautionné par les parents. Non, pour fouler un interdit, il aurait fallut...mettre a mal le racisme, gangrène de la région PACA, mais soyons optimistes, là où croit un danger, vient aussi ce qui sauve...C'est pour cela qu'ici la bonne humeur est de mise. Moi et ma peau blanche, l'année prochaine c'est sûr, nous reviendront au Midi-festival!

Par superheights
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Lundi 10 mai 2010 1 10 /05 /Mai /2010 21:53

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Le concert de polyphonic Size n'aura pas lieu!

Le groupe a annoncé l'annulation de leur concert exceptionnel 48 heures avant le début de l'évènement qui devait cloturer le vernissage  "des jeunes gens modernes" à Bruxelles.
L'exposition, elle, est splendide! Un focus sur quelques groupes, personnages , graphistes, labels...français, et parisiens en particulier du début des 8O's, qui montre comment une identité, des attitudes,un air, un signe des temps se construisaient et allaient ajouter une pierre au bénéfices des années posterieures. Les nombreuses archives présentées sont là pour parler de l'urgence, l'énergie, et la radicalité du moment. Les clichés de groupes en backstage, de soirées décadentes (Taxi Girl, Pacadis , Yves Adrien, Maripol...) de vidéos expérimentales "do it yourself", de pochettes de disques ou affiches de concerts en témoignent.
J'ai vu des larmes couler au dessus d'une vitrine rassemblant des souvenirs précieux; flyers de Digital Dance, fanzines, tickets de concerts au Plan K, première édition de "From Brussel with Love" sur cassette...
Bruxelles méritait bien qu'on lui consacre aussi une exposition avec ses "jeunes gens modernes" à elle, étant devenue durant quelques années, le centre du monde musical. Au moins pour ceux qui comme moi, recherchaient dans la musique un subtile mélange de punk, musique savante, mélodies pop, et expérimentations synthétiques. Je tournais autour de l'Atomium comme un électron impatient de recevoir sa dose électrique. Minimal Compact, Tuxedomoon (a voir! l'aquarelle originale qui fit la pochette d'Half Mute), Crammed, Les Disques Du Crepuscule, Le Plan K, Factory Bn, Honneymoon Killers...Même caché, l'impact fut irréversible. Un mouvement sur lequel je ne mettais pas plus de mots que "New Wave". Naturellement invisible, la nouveauté avançait dans ma vie sur ses pattes de colombe, et préparait incidieusement mes oreilles à la deferlante électronique des années à venir...mais pas seulement.
Alors pour honorer la branche synth-pop de cette scène aussi riche qu' éphémère, Polyphonic Size, s'était laissé persuader de l'intêret de sa reformation.
Seulement voilà, c'est sans compter avec l'esprit guerrier qui plane en ce moment sur la Belgique... Et qui sait si plus qu'une reformation poussiéreuse et frelatée, plus que des musiciens qui enverraient tout le monde voir la modernité sans y aller eux même, les archives présentes dans l'expo,ne sont les seules uniques pour parler de la singularité d'un moment, qui ne pourra plus jamais se produire avec la même intensité, et radicalité.
Alors je garderais en tête les collages de Cieslewicz et Lou Lou Picasso pour ses peintures, qui plutôt que d'imiter l'horreur qu'ils avaient comprises, cherchaient à l'éloigner et en atténuer les effets funestes au travers d'une esthétique post nucléaire dandy. L'heure n'est ni à la nostalgie, ni au malheur, le futur est déjà là, et il faut faire avec.

Par superheights
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Dimanche 29 novembre 2009 7 29 /11 /Nov /2009 12:52
"L'homme veut deux choses; le danger et le jeu,  il se précipite pourtant sur deux autres; le travail et la sécurité"

A Caracas-Venezuela- de manière générale tout avait l'air clando. De l'hôtel protégé par des fils électriques qui crépitent, a l'argent, qui "au black" s'échange a deux fois le prix. Et une fois qu'on a entendu les coups de fusil de la police Vénézuélienne, on a du mal a oublier leur impact sur le coeur. Quand les premiers tirs se sont fait entendre, tout le monde-et on était nombreux ce dimanche après-midi- s'est planqué derrière ces grosses bagnoles américaines, Chevrolets, Chryslers, Fords, datant des 70's. A la casse, on vous en donnerait pas un franc, pourtant plus elles ont reçu, plus elles ont de la gueule, comme un vieil acteur de cinéma, pas un figurant.
Bref, dans le chaos, impossible d'y comprendre quelque chose. Qu'ils ne veuillent pas notre mort, il suffisait d'y croire, mais sur le moment, tout le monde se sentait en danger. Puis de derrière la vitre d'une Corvette, je les ai vu se jeter sur un homme, torse nu, qui hurlait , se débattant dans la fumée des lacrymogènes envoyées par ci par la.
Après quoi, tout a paru normal. La dentelle, un flic,ça connaît pas. Un homme en chaise roulante a repris le fil de son trajet, accroché a l'arrière d'une voiture, sur 3 voies de trafic intense, avenue Casanova.
Et pendant que Chavez affichait dans toutes les rues "Patria,socialismo o muerte", le reste de l'Amerique Latine élisait le Vénézuéla, anti-modèle, a l'image de l'île de Cuba.
Je file en Colombie, en bus, pas de chance un homme se lève pour réciter "la palabra de dios". Parce que comme ça, sous prétexte qu'il est envoyé par dieu, il faudrait qu'on supporte ses recommandations. Ce n'est pas pour son exceptionnelle croyance que j'ai été entraînée en Colombie. Qui sait si cet homme n'était pas pourri de l'intérieur.
On paye le prix pour éviter les contrôles de la douane, un tueur qui vous arrêterait le coeur par son seul regard, a planque quelque chose au dessus de moi.
On passe les puits de pétrole aux mouvements de poules mécaniques, les camions citernes conduits par des gamins, les vieilles américaines, rouillées, irrémédiablement séduisantes, et les bords de route aux allures de campement de cirque avant représentation.
Totalement surréaliste. J'avais plus qu'a dormir et rêver de  réalité.

J'arrive a Santa Marta, au nord de la Colombie, ou un homme fait fumer une tête réduite a distance "sin pilas, ni motor !!!!" et pour le prouver, il écrase la tête avec ses pieds, la tête videe de ses os, seuls restants la peau, les cheveux regroupes en une touffe au dessus de la tête, un regard et un sourire déplaisants, vestiges de son individualité. Heureusement rien ne gicle. Mais au moment ou il lance la formule magique, un éclair dans ses yeux et des tremblements l'envahissent. Et là, ça devient sérieux. Impossible de détecter le moindre circuit, ou système piloté a distance. Mais alors comment il fait ?

A quelques kilomètres, Taganga est comme le recto d'une carte postale, tout  est bleu, de l'iguane aux poissons. Au verso est écrit "il fait pas trop froid a Paris?". Les "scuba divers débutants rampent au fond de l'eau comme des lézards, et a quelques kilomètres sur la barrière de corail, les poissons trompette, triangulaires ou bleu transparents offrent un spectacle jusqu'ici inconnu, mais fait d'une matière plus intense que n'importe quelle représentation. Inutile de nommer la chose, pour en réduire la puissance, il n'y a rien de mieux.
On se faufile avec milles précautions a travers le corail cerveau pour surprendre une murène, une tortue, ou un mérou a pois bordeaux.
Tous les jours vers 20h, l'électricité est coupée, c'est le black-out de Taganga, et la musique peut commencer....

Par superheights
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Mardi 6 octobre 2009 2 06 /10 /Oct /2009 12:37
Le Catana 41 est un catamaran de 41 pieds. Ce n'est pas une vieille coquille en bois. L' intérieur est aménagé comme un camping car de luxe; tout en plastique, un peu de bois -cuisine équipée, eau chaude, sommeil assuré-
On écarte tout problème d'auto suffisance. Le moteur tournera minimum 1h30 par jour pour alimenter en électricité instruments de navigation électroniques, frigo, éclairage tamisé....
Le poisson hauturier ayant gagné en intelligence (le veinard!), on remplace sa rareté en remplissant les calles de boites de cassoulet, confits d'oies, lentilles au lard, barres familiales...Cela veut il dire que je vais crever de faim ? Non ! Ce sont les autres qui mourront empoisonnés!
Le bateau, c'est un autre pays, une autre langue. Le vocabulaire est précis, si on sait pas on se tait.
Le capitaine répète qu'il ne faut pas rester sur le pont, surtout les nuits agitées. Tomber à l'eau c'est y rester. Dans la nuit , les chances d'être retrouvé sont nulles. De jour , ne jamais détacher les yeux d'un "Homme à la mer". il disparaît aussi vite que s'en détache le regard. A terre, un regard conditionne aussi l'existence d'un Homme entre la vie et la mort.
On jette bouteilles en verre et boites de conserve à la mer. Ce sont les maisons "Merlin" des poissons.
Vendredi, leçon autour des voiles; la grande, le génois léger, le génois lourd. il manquait un traducteur. Choquer, affaler, souquer, border, la balancine, les ris, l'écoute, la bosse de ris, les driss, le bout et ce foutu "être au vent" qui revient tout le temps! A ne pas confondre avec "être sous le vent". Dans le dos , dans la face...faut que je sache.
-La poésie de ce que j'ignore, le réalisme de mon incompréhension-
En attendant le départ, on écoute les récits d'exploits maritimes effrayants -attaques d'orques en bandes organisées, barracudas coupeurs de doigts....
Le -No High Sea Blues- c'est donc ça.
Par superheights
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Samedi 22 août 2009 6 22 /08 /Août /2009 14:26
La Route Du Rock / 14 août 2009 / Saint Malo

A 20h30 , je décide d'endurcir mes oreilles, pour supporter la puissance sonore de My Bloody Valentine, sans pleurer.
Je me poste devant le chanteur de Deerhunter, un trésor dans ses bras - une Gretch dorée- et passe devant les 4 caissons de basses,  me rapprochant de plus en plus prés. Je me crève aussi les yeux pour concentrer mes sensations sur les oreilles, puis verse de l'alcool dessus.
A 23h, quand My Bloody Valentine arrive sur scène, je ne sens plus rien. C'est quelqu'un d'autre qui souffre, quelqu'un d'autre qui a mal. Je crie même: "Plus fort, Kevin ! monte les potards de tes  4 Marshall !"
La puissance de leur son n'a d'égal que leur immobilité. Rien d'anormal à cela; le groupe est devenu la restitution artificielle de ce qui a disparu. Un groupe ressuscité et enfermé dans le panthéon des mythes. Ils réapparaissent alors, sous forme radicale mais sans ce qui faisait leur singularité; les subtilités des voix et celles du jeu de guitare: un mélange de poésie et de mélodies hypnotiques qui vous entraînent irrésistiblement dans un univers mélancolique. Celui de "Loveless".
Le meilleur moyen pour achever leur disparition était de jouer à la Route Du Rock. Alors pourquoi en plus de cela chercher a éliminer la violence en mettant des bouchons ?
Les festivals sont fait pour tout le monde, la musique non !
Par superheights
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Mardi 28 juillet 2009 2 28 /07 /Juil /2009 12:32

ARTO LINDSAY / FESTIVAL DE MIDI /  HYERES LES PALMIERS / VENDREDI 24 JUILLET 2009
 “You’ve got to be good to me, and i will not be good to you!” . C’est une langue étrange, et pourtant ça danse, la chaleur du Brésil n’est pas loin. Seul avec sa Danelectro, la tête dans les arbres, Arto Lindsay enchaine Samba et rythmes décalés, Bossa Nova et accords dissonants. et puis sourit . il respire la liberté.
En un coup d’oeil de complicité, il crée devant la scène un triangle parfait. Musique-public-éléments, grâce aux  coincidences heureuses, celles qui mélangent musicalité et hasard des circonstances: le rythme des cigales, la douceur de l’air d’été, les vibrations de son ampli Fender dans les pins et palmiers.
Ce n’est pas de l’improvisation, mais plutôt un capteur qui opère, lui même a l’air surpris de l’effet qu’il produit. Il s’amuse c’est évident. Une seconde avant le départ du morceau, il ne sait pas ce qu’il va se passer, c’est un défi, une aventure. Sinon pourquoi faire de la musique, si on sait déjà, quel intérêt?


Par superheights
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Dimanche 19 octobre 2008 7 19 /10 /Oct /2008 17:35
Mercredi 15 octobre
Dans le campus de Tallahasee, les etudiants sont tous regroupes sur la pelouse a danser, vendre des gateaux, des livres, des videos. Un nombre de stands incroyable represente toutes les communautes: Choeurs gospels, progressive blackmen, legalisation du cannabis, associations charitatives...les marines aussi, sont la pour promouvoir leur section. Il y en a forcement une pour vous, correspondant a vos affinites, vos origines, le degre de bonne image ou de bonne conscience qu'elle garantie.
Alors, je me suis plantee devant mon stand prefere, pour voir les partisants qu'il attirait...il n'y avait personne ! Seulement 3 fous (et tout le monde n'a pas la chance de l'etre! ) qui dansaient sur la musique que j'aime.
Moi aussi j'aurais pu faire un stand avec mes convictions...j'avais les arguments.

Jeudi 16 octobre
De Palm Coast a Ormond Beach, sur la cote est de la Floride, des milliers de papillons volent au dessus de la voiture; futes et seducteurs. L'un d'eux est reste dans la voiture, il aimait le concert de Pharoah Sanders que j'ecoutais, mais pas autant que je pouvais l'apprecier, ce moment d'emotion enregistre a Chicago.
Les bikers sans casque, aussi, doivent se regaler, la tete dans cette nuee. A l'approche de Daytona Beach, ce sont des hordes qui chauffent le bitume, confondant le bruit gras et sourd de leur moteur, avec les roulements frenetiques du batteur.

Vendredi 17 octobre
Sur la route, j'en ai pris soin de ma Chevy Cobalt, bleu metallisee, aileron a l'arriere et vibrations lorsqu'on pousse le son. La nuit, elle me le rendait bien, transformant son habitacle en lit (avec un leger denivele, c'est vrai). C'etait mon "drive-in hotel". Avec la complicite d'un cd d'hypnose (je sais comment il debute, pas comment il fini), qui garantissait des reves hauts en couleur et le souvenir precis, une fois eveillee, il m'est arrive de dormir pres d'une plage, dans un coin sombre, ou l'on peut laisser la voiture sans risquer la fourriere, ca c'est un vrai defi !
Entendu sur la radio publique de Palm Beach, B.H.L dans un exercice de demagogie, rarement egale, pour vendre son dernier bouquin aux americains. A cote, le debat final Obama-McCain etait vraiment leger.
A 7h du matin, j'arrive a Miami Beach, apres une semaine passee dans les profondeurs americaines. Ma vision est confondue.
Le nom des residences - Native sun, Gardens of delights, Pleasure by the sea- le soleil levant sur ce bras de terre, l'odeur des embrunts se fondants a celle des bagels toastes...mais c'est le Paradis !
Pourtant, arrivee au bout de la pointe, j'ai envie de vomir, tout ce beton ! et puis l'art deco sur des kilometres, c'est du gavage, pas de la degustation.

Samedi 18 octobre
La selection, tiree de la collection permanente, proposee au Miami Art Museum, m'etait comme destine, j'avais pourtant pas reserve ! Essentiellement des multiples de mes artistes americains preferes.
Je suis maintenant de retour dans les Everglades, la  ou les crocodiles vous attendent au tournant, et maintenant que je sais qui sont Joe the plumber et Joe six pack, je pars pour Mexico.
Par superheights
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Lundi 13 octobre 2008 1 13 /10 /Oct /2008 15:34
Lundi 6 octobre 2008
"Avec U.S airways, on n'arrive jamais! "
Le vol m'a valut 3 escales dans differents aeroports des U.S. Pour s'excuser, la compagnie offre des chambres en hotel normalises comme jamais, moquette a logo, restaurant intimiste et familial combine.
A l'homme de type indo-pakistanais qui a cree la panique sans meme avoir bouge un doigt, elle lui confisque son portable et lui demande de ne plus jamais remettre les pieds a Charlotte. La raison ? la police, comme personne ne la connait !

Mardi 7 et mercredi 8 octobre 2008
Traversee des Everglades au rythme des ventilateurs geants. Les "air boats" brassent l'air chaud et humide en remontant le canal de la Miami bay au Golfe de Mexico.
Au milieu des marais c'est le desert; toujours faire attention aux patrouilles de flics qui s'ennuient !
A la tombee de la nuit , je m'attarde sous un ciel magnifique, juste une halte dans un cafe routier ou la tele diffuse le documentaire d'une femme, jugee pour avoir passe sa fille au karcher (images et recontitutions a l'appui).
Je me reveille a Naples, un paysage de chateaux et proprietes gigantesques a remplace les marais. A 8h du matin, les jardiniers mexicains equipes de coupe ongles et plumeaux astiquent les plantes et les allees.
Et pendant que l'abondance et l'ennui transpire de ces domaines, une voyageuse solitaire traine sur les promenades de baobab et palmiers, en ecoutant "Des jeunes gens modernes", du pur son rescape des 80's.
Je n'ai aucune affinite avec la propriete !
L'ocean est tiede et paisible, et sur la route , inutile de savoir conduire, la voiture est comme "tele-non-guidee", elle file sur le long tapis de bitume, entre les golfs et des tropiques bien disciplinees.
Comme tout doit paraitre difficile a un floridien qui sort de son pays ! ici le confort est sans limite, les roulettes equipent les valises des sans-abris, qui font leur shopping a l'organic food center de Sarasota. Un de ces fous croise la, me dit de rentrer chez moi, mon vin et mon fromage sous le bras !
J'en avais marre de voir toutes ces pancartes de jardin en l'honneur de Mc Cain, alors j'ai pris ma voiture pour remonter la cote ouest de la Floride aux paysages picturaux Hockneyiens. Sur la route, ils annoncaient des pantheres, je n'ai vu que des pelicans et des restes de chats ecrases.

Jeudi 9 et vendredi 10 octobre 2008
Mais dans ce monde, les gens avaient peur avant tout. Et l'espace qu'il leur restait de plaisir sans risque, etait celui de la consommation, si possible de nourriture, elle ne necessitait pas de paiement a credit.
Au fil des decennies, c'est non seulement les corps des humains qui avaient pris une autre forme, mais les esprits aussi. Les plus chanceux developperent des pouvoirs surnaturels qui les placeraient a egalite avec le programme de controle central. Ces dons caches etaient la plus grande source de desordre que l'on pouvait enfin esperer. Une maniere de faire face a la tirannie du pouvoir, a l'injustice qu'elle suscitait. Car pour s'y opposer, c'est une armee de titans qu'il aurait fallut constituer. Bien sur, les patrouilles de flics etaient toujours la, a arpenter les allees, tout doucement, dans leur voiture, un oeil a droite sur les cuisses des etudiantes, un oeil a gauche sur leur savoureux hot dog. Le plus visionnaire des observateurs aurait bien eu du mal a detecter la moindre source de desordre, le moindre virus destructeur. C'est clair, le systeme semblait loin de souffrir d'une future deconnection.
Et pourtant, il y en avait des tares ! Sous 40 degres a l'ombre, ca et la, un jogger couche sur le bitume brulant, en position de scarabee retourne, ou un homme sandwich deguise en Freddy faisant de grands signes aux automobilistes consternes.
Le probleme de la nourriture n'etait ni plus ni moins qu'un exemple du probleme general des addictions. Depuis qu'avait ete introduit dans les ingredients, un additif proche de la nicotine, il valait mieux ne pas empecher "un gros" de manger, sous peine de lui rendre l'humeur iiritable et le comportement associal. Le sucre et la graisse etaient les principaux coupables de ce fleau, touchant de maniere significative, la partie centrale des corps.
De facon generale, tous les desirs avaient fini par devenir accessibles, et il fallut attendre la fin des credits accordes de maniere irresponsable, pour commencer a voir se retablir le sentiment de manque, d'ambition et d'espoir dans la plupart des cerveaux.
Bien sur la croyance en Dieu n'avait jamais quitte les esprits, et c'etait bien le seul domaine motivant leur interet, reste alors impenetrable. Plus leurs desirs materiels et quotidiens s'accomplissaient avec une facilite indescente, et plus leur croyance en Dieu etait absolue. Certains villages annoncaient la couleur; "Wakulla beach loves jesus" et les radios chretiennes inondaient les ondes de la bande FM.
Oui mais voila,c'etait aussi le seul endroit au monde ou l'on pouvait voir s'illustrer de tels specimens humains. Comme ces couples postes au bord des routes de campagne, agitant des drapeaux aux couleurs de leur conviction republicaine, accompagne d'un sourire si large, que l'on se demande si c'est de l'humour ou de la propagande mal elaboree.
C'est ce qui fit de mon voyage , la traversee d'une fiction, celle des "dents de la mer" et de "Jurassic park" reunie

Samedi 11 octobre
Que s'est-il passe de l'Apalachee bay a Pensacola, aux portes de l'Alabama ? ou s'etendent les sables blancs et les nombreuses villas de bois sur pilotis. Parfois un village donne l'aspect d'un park de loisirs abandonne, et toutes ces maisons a vendre ! certaines encore en construction, d'autres de formes rondes facon igloo, laissent penser aux utopies des annees 70. Le sable a maintenant tout recouvert, comme un raz de mare qui aurait fait fuir les touristes. Et dans les dernieres boutiques ouvertes, on trouve des "ugly souvenirs" a 25% du prix.

Dimanche 12 octobre
J'arrive a New Orleans, une ville singuliere qui semble avoir ete construite pour durer. Pourtant la plupart des maisons sont en bois et malgre l'ouragan Katrina, l'architecture a retrouve sont vernis historique et toute sa beaute. Mais a la sortie du festival de "shorts films", je me retrouve a marcher dans un ghetto encore devaste...quelle sensation ! le vent qui passe a travers les batiments vides, les trotoirs crevasses et la memoire des detritus empiles, comme les ombres sur les batiments d'Hiroshima. Encore une fois, toutes ces superbes maisons a vendre ! a moitie prix d'une chambre a Paris.
Et au dessus du Superdome, planaient encore les utopies, echafaudees dans ce moment d'espoir que furent les jours de chaos et d'attente d'evacuation des eaux.
Avant de reprendre la route, je passe chez Jim Russel rcds, un hangard ou des milliers de disques se trouvent entasses. J'ai bien eu du mal a me concentrer, vu la quantite proposee, les intercalaires ecrites par un dislexique et la tele hurlant une emission pour fabriquer ses propres pizzas "La cuilliere d'huile que je rajoute en plus, c'est pour Jesus!"
Je suis maintenant sur la route qui longe le Mississippi, un bout de chemin que faisait Mark Twain, dans son bateau a vapeur.
Par superheights
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Mercredi 23 juillet 2008 3 23 /07 /Juil /2008 20:18
Par superheights
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Mercredi 23 juillet 2008 3 23 /07 /Juil /2008 18:37
Comme elle l’avait plusieurs fois répété aux journalistes en reportage sur les lieux du “vent des forêts”, le confort était le dernier de ses soucis, elle avait même choisi de fixer sa tente prés du ruisseau, dans un coin humide, non loin d’un groupe de vaches, auprès desquelles elle serait curieuse d’apprendre pourquoi sur un terrain aussi vaste et verdoyant, elles avaient décidé de s’agglutiner sur la partie la plus boueuse, à proximité de la forêt. Tous les matins, elles seraient là, à l’observer. Du chant des oiseaux aussi, elle voulait en découdre, jalousant leur manière poétique de marquer leur territoire, alors qu’il lui fallait repousser bois morts et plantes coriaces hors de ses limites, pour marquer le sien. Lorsqu’il y a 2 mois, le projet d’installer son atelier sérigraphique en pleine nature et célébrer avec 9 artistes la nouvelle édition du “vent des forêts”, lui avait été proposé, elle avait pensé à l’opportunité qui s’offrait à elle, d’échapper à son univers quotidien; surpeuplé, déshumanisé et aussi verdâtre que l’air nauséabond qui circule dans “Soleil vert”. A une heure seulement en T.G.V de Paris, il fallait encore prendre un bus à travers champs et villages, puis marcher sur un long chemin chaotique jusqu’au point de rassemblement, matérialisé par l’oeuvre de Sébastien Rinkel; un dôme de tissus blanc tendu, diffusant une lumière intense venue du ciel, quelque part dans une forêt dense et inaccessible aux rayons de soleil. C’est au cœur de cette forêt, à une centaine de mètres de la clairière qu’elle décida de poser son atelier. Le même chemin qu’elle avait pris pour la première fois la veille, allait devenir un parcours sans fin, le lendemain, lorsqu’àprés un barbecue à “La renardière”, il fallut effectuer le trajet de nuit, sans lampe, les pieds hésitants et au ventre, l’angoisse de ne jamais retrouver sa tente. Les animaux cachés sur le bord du chemin s’agitaient puis se figeaient à son passage, soucieux de ne pas être vu. La forêt résonnait de petits bruits; grognements de sangliers, aboiement de chevreuil, pas fuyants de renards ou rats cendrés. Elle imaginait le regard des biches venues en famille l’observer pendant son sommeil. Venir importuner ce nouvel habitant dans sa tente vulnérable aurait été d’une telle simplicité... mais par bonheur , seuls les animaux semblaient s’en préoccuper. Lors de ses journées, les gens qu’elle rencontrait devinrent peu à peu les intrus de cette expérience solitaire. Certains artistes participants à l’évènement s’inquiétaient de ces heures passées sous la pluie, où elle ne verrait personne, ou bien de son équipement vestimentaire, tout à fait inapproprié. Elle savait que les propositions qui se présentaient à elle, étaient ses dernières chances de vivre quelques heures encore, comme l’être social qu’elle avait jusqu’alors, toujours été. Elle savoura le concert de Milkymee sous le dôme blanc, une après-midi ensoleillée, celui de Séraphina Steer accompagnée de sa harpe et son Korg dans une église d’un village voisin, et la projection de “zoo” de Fred Wiseman dans une grange remplie de bois. Elle apprendrait du réalisateur sa manière ininterrompue de filmer un quotidien dont l’histoire devait se créer au montage seulement, jamais avant. Elle se jeta aussi sur les gâteaux réalisés par les pâtissiers de 3 villages. L’idée conçue par Simon Bernheim mettait au défit les participants de traduire sous forme gourmande le mot “trust-crust”. La première des pâtisseries était une croûte pralinée posée sur une génoise et surmontée d’une mousse légère fouettée, aux mûres et cassis frais, puis recouverte d’une crème au beurre, un rocher à la noix de coco au sommet. La seconde, se présentait sur un demi macaron, couvert d’une fine crème accueillant des framboises fraîchement cueillies. Une brisure de nougatine posée dessus, faisait tout le croustillant. Et enfin, une tarte aux pommes géante dont la pâte feuilletée et le fond praliné ne demandaient qu’à être dévorés ! Elle fit son dernier repas à Nicey-ville, où artistes et villageois avaient rendez-vous. Les vaches qui broutaient sur le champ à côté n’appréciaient pas non plus la viande morte, qui grillait, sous leur regard médusé. Au fil des jours, la forêt devenait sa maison, choisissant un coin lumineux pour occuper ses matinées, ou un coin plus sombre pour travailler. En bordure de forêt , elle ne s’aventurait plus trop, préférant l’intérieur pour être sûre de ne jamais être aperçue. Malgré tout, c’est là qu’elle pouvait encore entendre, les voix ou les cris se propageants à des kilomètres et atteignants son domaine sous forme de chuchotements. Ce samedi, elle insista pour rester seule, se privant du concert pour électronique et bois de Davide Balula en l’église de Dompcevrin. Seule , devant son lecteur Mp3, elle observait les mouches qui volaient de manière statique, amoureuses des vibrations, du frissonnement des enceintes au son du “Only love can break your heart” de Neil Young. Parfois son regard se fixait sur les insectes, grâce auquel elle exerçait son sens des couleurs, à la façon d’un nuancier. Limace striée orange: 40% de vermillon, 55% de jaune citron, 3% d’or et 2% de noir. De même pour les jeunes pousses de chêne: Bleu de prusse : 20%, jaune: 80%. Les goûtes de rosée apportaient la brillance argentée à cette palette infinie. Avec le même calme, elle se posa sur le tronc d’un arbre couché, respira lentement et commença à exécuter méthodiquement, l’expérience qu’elle était maintenant prête à soumettre à sa perception. Totalement immobile, elle laissa dans son regard, les branches, les feuilles et tout ce qui l’entourait, se fondre dans un même brouillard vert, ocre et sépia, simplement éclairé de petites taches de lumières. Peu à peu, elle fit disparaître les contours de cet ensemble informe et son univers ressembla alors, à l’intérieur d’une photographie; sans odeur, ni profondeur, sans poids ni épaisseur. Dans ce paysage abstrait, elle vit encore se distinguer sur le haut de sa tête, une nuance marron qui suivait le mouvement de la brise, il lui suffit alors de régler son discernement au point zéro , et ce qui devait être auparavant ses cheveux devint aussi transparent que le vent. de cet ensemble flou et cotonneux, seules subsistaient encore quelques taches suspendues dans le vide, dont l’origine et le sens avaient, de son esprit, totalement disparu. Son cerveau, lui aussi était devenu inopérant. Grâce à ce pouvoir, elle avait enfin réussit à disparaître, non pas par la fuite, elle n’en avait jamais eu le courage, même lors de ses voyages les plus lointains, mais par mimétisme total avec les éléments. Et lorsqu’un promeneur réussissait à trouver son installation sylvestre, c’est dans un espace déserté qu’il semblait pénétrer. Maintenant , c’était clair, son quotidien baignerait dans l’illusion d’une liberté singulière, celle dont elle avait toujours rêvé, même si cette nouvelle vie allait devenir la somme de règles complexes dictées par sa propre tyrannie.
Par superheights
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